La neuro-nutrition

Directeur et responsable des formations du diplôme universitaire « Alimentation santé et micro nutrition » de la Faculté de Médecine Pharmacie de Dijon, cofondateur et responsable de l’Institut SIIN (institut scientifique pour une nutrition raisonnée), Olivier Coudron a mis au point la « neuro-nutrition ». 

JdY : Qu’est ce que la neuro-nutrition ? D’où vient ce concept ?

O.C. : Dans « neuro-nutrition » il y a deux notions : le cerveau (l’organe) et le psychisme (notre âme). De quoi mon cerveau a-t-il besoin pour être heureux et comment mon psychisme peut-il mieux fonctionner ? La neuro-nutrition est une discipline médicale qui vise à satisfaire les besoins nutritionnels du cerveau et du psychisme. Elle regroupe la nutrition santé, les neurosciences et d’autres aspects qui n’ont rien à voir avec l’alimentaire comme la chronobiologie, le yoga, la méditation, les psychologies cognitives… C’est une synthèse de plusieurs approches qui offre des outils conceptuels, diagnostiques et thérapeutiques pour une prise en charge, scientifiquement validée, d'un grand nombre de souffrances neuropsychiatriques. Objectif : optimiser les fonctions cérébrales et  psychiques en assurant la satisfaction des besoins essentiels du cerveau. La neuro-nutrition intervient en prévention, en thérapie et en synergie d’autres traitements.

JdY : Quelles sont les principales hormones et les principaux neurotransmetteurs du cerveau sur lesquels l’alimentation va avoir un impact et comment ?

O.C. : La pierre angulaire de la neuro-nutrition est justement l’interaction entre nutrition et cerveau. Les recherches de Richard Wurtman montrent que l’alimentation intervient dans la production de certains neurotransmetteurs. Quatre  hormones principales, qui sont également des neuromédiateurs, constituent le cerveau : la dopamine (dope), la noradrénaline (l’hormone du plaisir), la sérotonine (patience, être zen… mais aussi stress et anxiété quand elle est secrétée en excès), et la mélatonine qui donne le temps dans le corps. L’équilibre de ces hormones permet le bon fonctionnement du cerveau,  et de toutes nos fonctions physiologiques et biologiques. L’alimentation et plus encore la chronobiologie ont un impact évident et prouvé scientifiquement : je mange quoi et quand ? Le respect des rythmes biologiques circadiens permet une optimisation fonctionnelle des neurotransmetteurs.  En une à deux semaines, les gens se sentent nettement mieux quand ils appliquent des conseils très simples.


JdY : Quelle est l’assiette santé idéale pour le cerveau ?

Le matin et à midi, il est bien de privilégier des aliments riches en protéines (légumes secs, produits d’animaux, œufs, volailles, fromages) et moins d’aliments sucrés qui favorisent la sécrétion de dopamine et noradrénaline. Les régimes hyper protéinés ou hypoglucidiques, modifient le métabolisme des neurotransmetteurs, dont la sérotonine cérébrale, ce qui va avoir des effets sur notre psychisme.

En revanche, vers 17h, tout bascule ! On a alors besoin de stimuler la sérotonine et la mélatonine. La sérotonine, meilleure substance du cerveau pour s’endormir mieux et plus vite, amène le calme et le recul, Elle est fabriquée la nuit. Pour favoriser sa sécrétion, il faut une alimentation moins protéinée, plus glucidique et plus végétale. Le ratio protéines/glucides du repas est un outil efficace pour orienter la production cérébrale vers la dopamine ou la sérotonine

Voir le livre "Guide des ordonnances de nutrition" de Olivier Coudron. Edition De la Santé. 2014


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