Le besoin d'une spiritualité laïque

Moniale dans la tradition Gelugpa, école des bonnets jaunes, Elle a rencontré le bouddhisme il y a une quarantaine d’années. Elle est responsable du centre Kalachakra à Paris où elle enseigne.

Une partie des activités du centre est payante alors que l’autre pratique les donations libres. Et dans ce dernier cas, les gens ont tendance à donner le minimum : «Deux théories prévalent : soit, on se repose sur les dons, ce que nous faisons en partie. Soit on considère que le Dharma est si précieux qu’il a un prix et qu’il faut donc savoir faire des efforts. C’est un peu comme avec la psychanalyse, explique Elisabeth. Si les gens donnent peu lorsque le prix n’est pas fixe, c’est sans doute parce qu’en France argent et religion n’ont jamais fait bon ménage. Ce qui n’est pas le cas dans les pays bouddhistes par exemple, où l’on est fier de son clergé et on l’entretient. Il est d’usage dans chaque famille que l’un des membres devienne moine ou moniale. Quoi qu’il en soit nous ne refusons jamais l’accès pour des raisons financières ».

Le bouddhisme n’est pourtant pas considéré comme une religion : « Pour nous, la foi ne doit pas être aveugle mais fondée sur une compréhension des enseignements sur le fonctionnement de l’esprit et une acceptation, précise Elisabeth. Quand on voit que ça fonctionne, alors on développe une foi envers l’enseignement du Bouddha. Quoi qu’il en soit, le bouddhisme est une religion non théiste. Les divinités dont on parle représentent des aspects de l’esprit d’éveil. Et aujourd’hui, nous avons besoin d’une spiritualité laïque. »

D’ailleurs, en septembre, le centre commence des cours de bouddhisme (« Les 16 attitudes pour mieux vivre ») dont le vocabulaire bouddhiste a été supprimé.

A propos de l’un des élèves du centre qui enseigne la méditation Vipassana en entreprise, La moniale reconnait quetout dépend de la motivation et que celle-ci n’est sans doute pas la même chez l’enseignant et chez le patron : « Celui qui enseigne Vipassana en entreprise le fait pour diminuer la souffrance mais si les patrons s’ouvrent de plus en plus à ce genre pratique, c’est sûrement parce que le rendement s’en trouve amélioré. »

Encore faut-il que les personnes qui enseignent en aient les capacités. Ce qui est loin d’être toujours le cas.De nos jours, certains ayant peu de pratique ont parfois tendance à se prendre pour de grands maîtres : « Beaucoup se lancent dans la transmission alors qu’ils n’en ont pas la carrure. Tout dépend, là aussi, de la motivation. Très souvent, on trouve beaucoup d’ego derrière cette volonté de transmettre, alors que cela demande une énorme humilité. Il suffit de voir les lamas ! »


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