J'ai testé plusieurs yoga à New York

Maria Maleviti « J’ai testé plusieurs yoga
à New York »

« Curieuse de nature, comme j’enseigne le yoga d’Eva Ruchpaul, j’ai voulu voir de plus près quelles étaient ces techniques qui naissent tous les jours.
Elles prennent le nom de leur inventeur: c’est le yoga/Maria, le yoga/Catherine… Mais ça ne veut pas dire que c’est du yoga. En regardant « Yoga Journal », on s’aperçoit qu’aux U.S.A., c’est un marché très juteux. A New York, j’en ai testé plusieurs. Chez le fameux Bikram, le Ahimsa (la non violence) n’existe pas. C’est très violent cet enchainement de 27 postures pendant 1heure30 dans 40° de chaleur et d’humidité dans une salle qui pue. On n’a pas le droit de boire quand on a soif. Quand on ne se sent pas bien, l’enseignante nous dit de nous poser un moment mais on n’a pas le droit de quitter la salle. Tout brûle, il n’y a aucun coin où l’on peut se sentir apaisé. Après chaque posture, je me disais « Ouf ! C’est fini». On n’a aucune sensation de yoga et, dans ces conditions, c’est difficile de respirer. Une heure plus tard, dans la chaleur d’août des rues de New York, j’ai commencé à trembler : mon système essayait de se réadapter. Dans un autre studio, j’ai essayé l’Ashtanga et le Vinyasa. Les enchainements rapides ne laissaient pas le temps de s’impliquer dans la posture. C’était très acrobatique sans aucune notion de yoga. Dans un autre programme, soixante personnes étaient réunies pour pratiquer, d’abord au son de l’accordéon indien puis, dans la musique de Stevie Wonder. C’était super pour danser mais il n’y avait aucun élément de saveur ni de joie. Avec l’Accro Yoga, j’ai eu la belle sensation de voler mais ça n’avait rien à voir avec le yoga. Dans l’ensemble, les profs parlent sans cesse. Où est le silence ? Il n’y a ni pause, ni lien entre la respiration et le mouvement. Il n’y a rien de profond, rien de raffiné (c’est plus difficile et ça rapporte moins). Les articles de yoga sont chers. Pourquoi faudrait-il payer 80$ pour un tapis ou un pantalon ? J’ai fini par comprendre que les Américains, peut-être parce qu’ils s’ennuient, ont sans cesse besoin de nouveautés. Finalement, ces yoga américains qui s’adressent à des gens qui aiment souffrir, ne font que renforcer l’ego. »

Extrait du Dossier Santé Yoga n°144 sur les nouveaux Yoga, avec Eric Baret, Gérard Arnaud, André Riehl, Pierre Bonnasse....

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