Gilles Farcet, faut-il avoir un maître ?

Gilles Farcet, faut-il avoir un maître ?

Etre disciple, avoir un maître, est aujourd’hui un sujet qui fâche ou du moins fait polémique. Ecoutons ce que nous en dit Gilles Farcet qui vient de publier « Sur la route spirituelle » (le Relié). Un livre passionnant, vivant, écrit d’une plume alerte, où il nous conte ses expériences et ses rencontres, parfois hautes en couleur, avec des maîtres

Journal du Yoga : Sur votre route spirituelle, vous avez rencontré beaucoup de maîtres et, parmi eux des écrivains, des poètes. Pouvez-vous faire un lien entre  spiritualité et poésie ?

Gilles Farcet : Je pourrais presque dire que c’est la même chose. Qu’est-ce que la vie spirituelle sinon une ouverture, la plus totale possible, à l’impact de la vie ? La poésie en tant que pratique littéraire est une restitution par les mots de cette ouverture. Tous les gens qui vivent une vie spirituelle n’ont pas forcément un talent littéraire. Mais ceux qui ont une vie intérieure vivent en poésie. Les écrivains que j’ai rencontrés n’étaient pas forcément mûrs mais ils avaient un rapport sensible avec le réel. Un lien évident. Beaucoup de mystiques, Saint Jean de la Croix, Thérèse d’Avila, Ibn Arabi…, sont aussi des poètes. Inversement, trop de personnes se voulant investies dans une recherche dite spirituelle l’abordent de façon littéralement plate, linéaire. Ca devient un ensemble de bonnes recettes.

JdY : Suivre une voie spirituelle facilite-t-il l’accomplissement ?

G.F. : C’est une facilité d’un certain point de vue. Mais nous sommes toujours face à cette vieille opposition installée en nous par des siècles d’appréhension un peu névrotique de la spiritualité. Ce qui m’a aidé, c’est quand Arnaud Desjardins m’a dit : « Ne soyez pas sage trop tôt ». Il m’a beaucoup encouragé à ne pas négliger mon épanouissement humain, artistique, social. Il avait compris qu’un saint triste est un triste saint. Ou alors, on est à 20 ans un renonçant par nature, ou alors, on peut avoir une aspiration qui coexiste avec d’autres aspirations. Arnaud m’a aidé à accepter toutes les facettes de l’humain en moi.

JdY : Selon quelle voie ?

GF. : La voie tantrique, une voie dans laquelle on intègre même les poisons et on les transforme. M’accepter m’a donné de l’audace. D’un autre côté, je pense que je me serais accompli même sans vie spirituelle. Je l’ai abordée pour m’accomplir spirituellement. Aujourd’hui beaucoup y cherchent un moyen de s’accomplir sur le plan ordinaire.  A cet égard, il y a une confusion.

Suite de l'entretien à lire dans l'En Vue du n°147 - fev 14 du Journal du Yoga


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